C’est dans l’honneur et pour maintenir l’unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d’une activité constructive du nouvel ordre européen, que j’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration.
Il ne fallut qu’un peu plus d’un mois pour qu’Hitler parvienne à mettre la main sur la France, par l’opération Manstein. Alors que la ligne Maginot devait servir de rempart face aux Allemands, le passage par les Ardennes s’avérera décisif et va contraindre les Français à renoncer à leur souveraineté et le prix de la liberté. Parmi les Français, un va tenter tant bien que mal de porter ce fardeau de l’occupation, le Maréchal Pétain. Héros de Verdun, il reprend en main la France, devient son représentant et estime légitime pour le bien des français de collaborer et de faire partie intégrante du Reich pour retrouver un jour une liberté.
Alors sur le chemin de la Collaboration, la France va tomber dans ses heures les plus sombres, celle de l’Occupation, et par un commencement notoire : l’entrevue de Montoire. Célèbre poignée de main entre le maréchal Pétain et Hitler, aussi nommée « la poignée de main de la honte », cette image va marquer toute une génération comme la représentation de la collaboration, des « collabos » et de tous les français qui ont contribué à la pérennité de l’Allemagne Nazie en France. Bien au-delà d’une photo mythique, elle raconte l’autre histoire discrète d’une France coupée entre 2 façons de pensée : entre celle du Maréchal Pétain et celle du Général de Gaulle, à Londres. L’entrevue de Montoire et l’appel de 18 juin sont encore aujourd’hui les seuls évènements symboliques et médiatiques clés de la France dans sa collaboration comme dans sa poursuite du combat.
Nous allons analyser dans cet article l’entrevue de Montoire en juin 1940, la fameuse poignée de main et ses retombées dans la France des années de guerre.
Contexte historique
L’invasion de la France
Le 10 mai 1940, l’Allemagne nazie lance l’opération Fall Gelb, ou Plan Manstein. Apparu dans la directive numéro 10 d’Hitler paru en janvier et février 1940, ce plan était en fait le plan de guerre prévu pour la campagne de France. Après l’étonnante « drôle de guerre », l’invasion d’une partie de la Tchécoslovaquie en 1938, de l’annexion et de l’occupation de la Bohême-Moravie, la conquête du Danemark et de la Norvège, l’Allemagne passe à l’offensive une nouvelle fois. Cette fois, la France est ciblée. Elle se pense à l’abri derrière la ligne Maginot qui borde les frontières allemandes et la forêt des Ardennes du côté belge, jugée impénétrable par les généraux français : ils se trompent.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne lance l’opération Fall Gelb, ou Plan Manstein. Ce plan était en fait le plan de guerre prévu pour la campagne de France. Les Allemands passent à l’action. Les Allemands contournent bien la ligne Maginot et passent par les Ardennes pour envahir par surprise par la Blitzkrieg les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la France. L’assaut est fulgurant et la Wehrmacht enfonce la défense française, c’est le début de la fin pour l’armée allemande. Ensuite, tout s’enchaine sans discontinuer en France : la situation est très critique pour l’Angleterre, seule pays non touché encore par l’invasion allemande, qui sent également qu’elle sera le prochain pays sur la liste.
En quelques jours, les troupes allemandes ont rapidement avancé, surpassant les forces alliées beaucoup moins organisées et moins armées par cet assaut soudain aux Pays-Bas, les contraignant ainsi à évacuer le pays et à chercher une position de repli stratégique. Les forces alliées se sont repliées sur la rive française de la Meuse et dans le nord de la France afin de toujours réaliser une défense.
La débâcle de mai 1940
En moins d’un mois, l’armée allemande va enfoncer le front profondément, perçant à Sedan pour terminer aux portes de Dunkerque, là où les restes de l’armée alliée encerclée vont tenter de sauver ce qui peut l’être. La situation pour les britanniques et les français est catastrophique, plus de 400 000 soldats sont encerclés dans la poche de Dunkerque. Après avoir réussi à percer le front français à Sedan, les panzers allemands se sont précipités vers les côtes de la Manche pour s’arrêter à Dunkerque le 20 mai 1940.
Le 14 mai, en 4 jours, les Pays Bas capitulent devant l’Allemagne. Le 28 mai, la Belgique signe l’armistice à son tour. La France quant à elle, tombe aussi sous les chars allemands. La France est désorientée et secouée par cette opération qui force un Exode massif des civils, contraint de fuir et de subir les multiples bombes et assauts de l’aviation allemande.
Le Maréchal Pétain
À partir du 13 juin 1940, alors que la défaite militaire est imminente et que le gouvernement s’est replié, il y a 2 issues possibles politiquement et militairement. Le destin de la France va se décider dans les mois de mai et de juin 1940. En particulier un visage va faire son apparition comme le représentant du gouvernement français dans les heures sombres allemandes et de l’autre en la qualité du Général de Gaulle, parti à Londres le 17 juin 1940 pour poursuivre la lutte.
Ce défenseur du gouvernement français est Philippe Pétain, ou le maréchal Pétain, 84 ans, élevé à la dignité de maréchal suite à la Première Guerre Mondiale. Héros français de la bataille de Verdun, il est l’une des figures françaises de l’époque les plus respectées. Malgré des rivalités avec d’autres généraux, il est l’un des visages de la victoire et de la réussite française. Militaire de carrière, il fera de la politique, deviendra académicien, un homme d’Etat, ministre de la guerre et ambassadeur de France en Espagne en 1939. Il incarne le pouvoir français dans une époque qui va bientôt vasciller.
Défenseur de l’armistice et de la collaboration
Philippe Pétain devient le principal défenseur de l’armistice. Il affirme devant le Conseil des ministres qu’il refuse toute idée de quitter la France pour poursuivre le combat, considère le combat contre les allemands déjà perdu et que la poursuite de la guerre cesse.
A vrai dire, le 14 juin, Paris est occupée. Réfugié à Bordeaux, Pétain s’impose comme chef de file des partisans de l’armistice et s’impose comme l’un des pionniers et précurseurs de ce qui va devenir le collaborationnisme. Opposé au projet d’union franco-britannique, il est nommé président du Conseil des ministres le 16 juin après la démission de Paul Reynaud, avec l’aval du président Albert Lebrun. Il est alors à le chef du gouvernement et à la tête de l’Etat français.
Le 17 juin, avant même l’ouverture des négociations pour l’armistice, Pétain annonce à la radio dans un discours à la nation à 12h20 qu’il faut « cesser le combat » et qu’il porte la responsabilité de tout le pays en faisant « don de ma personne pour atténuer son malheur ». Ce discours, alors que les combats se poursuivent, accélère l’effondrement militaire et renforce le sentiment de défaite du pays, qui croient en le maréchal Pétain. La France s’apprête à signer une armistice.
Français, à l’appel de M. le Président de la République, j’assume aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ; sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés ; sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
Institut des Archives Sonores
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire, pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside durant ces dures épreuves, et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur Foi dans le destin de la Patrie.
Armistice du 22 juin 1940
L’armistice est signé le 22 juin 1940 à Compiègne, dans le même wagon de la clairière de Rethondes, où a été signé l’armistice de novembre 1918. C’est l’humiliation pour la France, battue en 6 semaines par la Wehrmacht. qui se voit occupée et entre en vigueur le 25 juin. Un nouveau gouvernement s’installe en France et 2 zones sont créées, la zone libre gérée par le Régime de Vichy et la zone occupée, par les Allemands, qui comprend une large partie des côtes françaises, de l’Alsace en passant par Paris jusqu’à Brest.
L’Allemagne a également des clauses strictes à respecter. Le gouvernement s’installe finalement à Vichy le 1er juillet 1940, en zone non occupée, marquant le début du nouveau régime.
Le Gouvernement français ordonne la cessation des hostilités contre le Reich allemand, sur le territoire français, ainsi que dans les possessions, colonies, protectorats et territoires sous mandat et sur les mers. Il ordonne que les troupes françaises, déjà encerclées par les troupes allemandes, déposent immédiatement les armes.
Convention d’armistice, Article premier

Dans ses allocutions, Pétain justifie la défaite par un prétendu « esprit de jouissance » ayant remplacé l’« esprit de sacrifice », et annonce l’avènement d’un « ordre nouveau ». La France décide de se soumettre à la volonté allemande et le régime de Vichy ouvre la voie de la collaboration.
L’entrevue de Montoire d’octobre 1940
Octobre 1940, Hitler décide de se déplacer avec son train spécial Amerika en plusieurs points en France pour y rencontrer les officiels de plusieurs pays, maintenant occupés. Il y emmène tout son état-major et les responsables nazis pour fixer les grandes lignes du dialogue entre la France et l’Allemagne, conscients qu’un accord devra être signé à terme.
Le premier arrêt est pour von Ribbentrop, ministre allemand des Affaires étrangères, qui compte aller retrouver dans une entrevue discrète Pierre Laval, vice chef du conseil des ministres, le 22 octobre 1940, puis le voyage continue et Hitler doit rencontrer le dictateur espagnol Franco à Hendaye pour lui demander d’entrer en guerre le 23 octobre et à nouveau à Montoire pour rencontrer le maréchal Pétain le 24 octobre. Pour finir, il poursuit son trajet pour atteindre Florence où il souhaite s’entretenir avec Mussolini. C’est donc des entretiens de haute importance.
L’entrevue de « la poignée de main de la honte »
L’entrevue de Montoire est donc le 2ème entretien suite au premier du 22 octobre au même endroit. Le 24 octobre 1940 vers 16h, le maréchal Pétain rencontre pour la première fois Hitler dans une entrevue historique dans une petite gare de Montoire-sur-le-Loir dans le Loir-et-cher. Cette entrevue prendra pour nom « l’entrevue de Montoire ». La ville vendômoise, éloignée de maisons et de bâtiments, a été considérée comme sûre et sécurisable, d’autant plus que cette dernière est proche de la ligne de démarcation et d’un tunnel pour mettre le train à l’abri au besoin. C’était le lieu parfait pour une rencontre discrète.
Ce 24 octobre, sur un quai de la gare de Montoire, plusieurs photos sont prises de cette rencontre historique entre Philippe Pétain et Hitler. L’une d’elles fut réalisée par le photographe officiel du régime nazi Heinrich Hoffmann, qui reste aussi encore l’une des images de référence. Ils allèrent ensuite dans le wagon personnel d’Hitler pour poursuivre les débats et commencer les discussions d’armistice.
Mais cette photo aurait pu rester à tout jamais une simple photographie d’un moment de vie politique, mais elle devint plutôt le symbole principal que le maréchal Pétain emporte et engage avec lui le régime de Vichy dans la voie de la collaboration en France.
C’est une des rencontres les plus attendues car elle rappelle indubitablement la Première Guerre Mondiale et la chute de l’Allemagne face à la France. Il y a entre les 2 hommes comme une vengeance assumée et la mise en scène en fait un évènement qui se doit d’être diffusé partout en France.
La symbolique de la poignée de main
Cette photographie, prise sur le vif, dans l’élan du moment, met en avant 4 hommes : à l’arrière plan, le Dr. Paul Schmidt, interprète de Hitler, sur la droite, von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères, à gauche le maréchal Pétain et enfin Hitler à droite.
Les 2 hommes se serrent la main dans un élan, face à face, yeux dans les yeux. C’est un évènement court et rapide. Cette entrevue constitue le premier « geste » public de la collaboration franco-allemande. La poignée de main symbolise plus communément une salutation, un remerciement ou un accord entre 2 personnes et plus largement ici 2 gouvernements.

Par ce geste anodin, Pétain pactise ou s’autorise avec l’ennemi un accord qui sera déjà en sa défaveur. En tant que représentant de l’Etat français, Pétain emmène avec lui tous les français vers la collaboration, sans consultation. Enfin, cette dernière image propose le saisissant contraste entre un vieil homme fatigué, abattu par une situation totalement perdue, à l’air hagard, et un chef dont le regard noir, cruel et déterminé a tout de celui, humiliant, du rapace sur sa proie.
Le fait qu’il soit photographié apporte une dimension plus grande encore : celle de montrer à tous le simple accord de rencontre de Pétain avec Hitler.
Une rencontre médiatisée
Dans une France divisée, cette poignée de main et cette entrevue fit les gros titres de la presse française. Les journaux relaient l’information. Cette rencontre est aussitôt instrumentalisée, tant par l’Allemagne que par le régime de Vichy, à partir d’images exclusivement réalisées par des reporters allemands. La mise en place trop récente des actualités françaises n’avait pas permis l’envoi d’une équipe en zone occupée pour suivre Pétain à Montoire.
Quant à la célèbre poignée de main, elle ne fut jamais filmée : le caméraman, gêné par le ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop et par l’interprète, ne put en capter la scène. Seuls les photographes placés en face purent immortaliser l’instant.
L’entrevue
Dans le wagon d’Hitler, Pétain est surpris de constater qu’il est accueilli par les plus hauts dirigeants nazis. Le maréchal est traité en chef d’État et en militaire émérite, salué et installé à la table d’Hitler comme un interlocuteur de rang égal et à la hauteur du pays qu’il représente. De plus, Hitler avait un grand respect pour le maréchal est tentait de rester humble face à lui durant les entretiens, quitte à ne pas en faire trop. L’entretien se fit dans le plus grand secret.

Conséquences de cette entrevue
Cette entrevue entre Laval, Pétain et les dirigeants nazis n’a finalement abouti sur aucun engagement concret d’une part comme de l’autre. Le bilan est presque nul. Pétain refuse tout de même de signer la paix et d’entrer en guerre contre l’Angleterre, à ce moment-là seul pays au monde à combattre les nazis.
Mais pour les nazis, cette entrevue n’avait qu’un but purement consultatif. Il s’agissait de s’assurer des intentions françaises, maintenant vaincue, en maintenant une domination économique et militaire écrasante, l’empêchant de se retourner contre l’occupation en place. Hitler était de toute façon nullement disposé à accorder de véritables concessions aux français, même s’il acceptait le principe d’une collaboration franco-allemande. La France devait rester occupée jusqu’à la fin de la guerre et surtout de faciliter la collaboration française qui, sans être indispensable, représente un atout stratégique et tactique non négligeable.
Aux yeux du régime de Vichy, par contre, grande perdante de cette entrevue, cette mise en scène devait montrer que la France, malgré la défaite, conserve sa souveraineté, sa dignité et son honneur, et qu’elle peut participer d’égal à égal au “nouvel ordre” européen proposé par les nazis. Le régime de Vichy tente de prouver qu’il est possible de concilier défaite et honneur à une époque d’incertitude et de guerre, incarné par cette poignée de main et cette entrevue par le maréchal Pétain.
Discours du 30 octobre 1940
Pétain tente de se racheter par un discours retentissant radiodiffusé le 30 octobre 1940 pour amener les français à l’acceptation de la collaboration de la France avec l’Allemagne à la suite de sa rencontre avec Hitler. Mais ce discours n’aura pas changé fondamentalement le sentiment français.
Français, J’ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich. Cette rencontre a suscité des espérances et provoqué des inquiétudes. Je vous dois à ce sujet quelques explications. Une telle entrevue n’a été possible, quatre mois après la défaite de nos armes, que grâce à la dignité des Français devant l’épreuve, grâce à l’immense effort de régénération, auquel ils se sont prêtés, grâce aussi à l’héroïsme de nos marins, à l’énergie de nos chefs coloniaux, au loyalisme de nos populations indigènes. La France s’est ressaisie.
Cette première rencontre, entre le vainqueur et le vaincu, marque le premier redressement de notre pays. C’est librement que je me suis rendu à l’invitation du Führer. Je n’ai subi, de sa part, aucun « dictât », aucune pression. Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J’en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement. A tous ceux qui attendent aujourd’hui le salut de la France, je tiens à dire que ce salut est d’abord entre nos mains.
A tous ceux que de nobles scrupules tiendraient éloignés de notre pensée, je tiens à dire que le premier devoir de tout Français est d’avoir confiance. A ceux qui doutent comme à ceux qui s’obstinent, je rappellerai qu’en se raidissant à l’excès, les plus belles attitudes de réserve et de fierté risquent de perdre de leur force. Celui qui a pris en main les destinées de la France a le devoir de créer l’atmosphère la plus favorable à la sauvegarde des intérêts du pays. C’est dans l’honneur et pour maintenir l’unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d’une activité constructive du nouvel ordre européen, que j’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration.
Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d’occupation. Ainsi pourrait être assouplie la ligne de démarcation et facilités l’administration et le ravitaillement du territoire. Cette collaboration doit être sincère. Elle doit être exclusive de toute pensée d’agression. Elle doit comporter un effort patient et confiant. L’armistice, au demeurant, n’est pas la paix. La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine.
Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d’éteindre les divergences de l’opinion, de réduire les dissidences de ses colonies. Cette politique est la mienne. Les ministres ne sont responsables que devant moi. C’est moi seul que l’histoire jugera. Je vous ai tenu jusqu’ici le langage d’un père. Je vous tiens aujourd’hui le langage du chef. Suivez moi. Gardez votre confiance en la France éternelle.
La France dans la collaboration
Quant à la France et aux français, elle ne se rallie pas aux premiers abords aux actions de Pétain. Bon nombre de français ne se sont pas encore remis de la défaite de juin 1940 qui fut rapide est fulgurante : la population adopte majoritairement une attitude attentiste d’actions pour rétablir ce que doit être la France de la part du gouvernement et de l’évolution du conflit.
La France est donc à ce moment loin de partager les ambitions collaborationnistes de Pétain et de Laval, mais plutôt progressivement celles du Général de Gaulle, pour une France libre et forte. Actuellement réfugié à Londres, De Gaulle invite à poursuivre le combat aux côtés des Alliés pour retrouver l’honneur national et le coeur même de la déchirure du pays se forge en ce moment précis de la Seconde Guerre Mondiale.
Une image clé de l’Occupation
Cette poignée de main à l’entrevue de Montoire sera connue sous le nom de « poignée de main de la honte » : la honte étant symbolisée par la volonté de collaborer. Elle fit perdre toute crédibilité à Pétain qui le place définitivement comme collaborateur des nazis aux yeux des français. La poignée de main d’Hitler-Pétain fait également écho à un autre évènement survenu en parallèle et obtiendra une même présence symbolique dans la mémoire française, l’appel du 18 juin de de Gaulle au micro de Radio Londres.
En effet, les 2 évènements sont des moments clés majeurs de l’Occupation et de 2 idéologies d’un même pays que tout oppose. L’un prône la collaboration avec les nazis, l’autre prône la poursuite de la guerre aux côtés des Alliés.


Le régime autoritaire de Vichy
Pétain continuera tout de même sa politique et va engager la France bien au-delà de la simple collaboration administrative. Le régime de Vichy devient un régime autoritaire et va mener une collaboration engagée et principale, avant de devenir complice du régime nazi, notamment dans la déportation des juifs de France, l’abolition des libertés fondamentales, la mise en place d’une politique antisémite orientée vers celle des nazis ainsi que la suppression des syndicats et partis politiques.
La France de Pétain participe pleinement à la Shoah et à l’arrestation des résistants de la première heure, tandis que d’autres français combattent aux côtés des Alliés, jusqu’à la libération par le Général de Gaulle en 1945. Il sera jugé pour haute trahison à la Libération et condamné à mort, que de Gaulle changea en détention à vie…. Ne demeure aujourd’hui qu’une seule idée de Pétain, celle d’un traître.
Sources
- « Philippe Pétain ». Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Philippe_P%C3%A9tain&oldid=233583563.
- Administrateur. Le discours du maréchal Pétain le 17 juin 1940 – Fondation de la France Libre. 20 novembre 2009, https://francelibre.net/discours-petain/.
- Le maréchal Pétain commémore l’Armistice du 17 juin 1940. enseignants.lumni.fr, https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000255/le-marechal-petain-commemore-l-armistice-du-17juin-1940.html.
- 24 octobre 1940 – Rencontre de Montoire – Herodote.net. https://www.herodote.net/24_octobre_1940-evenement-19401024.php.
- « Entrevue de Montoire ». Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Entrevue_de_Montoire&oldid=233521339.
- Musée de la résistance en ligne. https://museedelaresistanceenligne.org/media1166-Entrevue-de-Montoire-entre-Hitler-et-Ptain-24-10-1940.
- Tout commence à Montoire. https://www.archives18.fr/espace-culturel-et-pedagogique/expositions-virtuelles/seconde-guerre-mondiale/lepuration-legale-a-la-liberation/tout-commence-a-montoire.
- Entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler | Lumni Enseignement. enseignants.lumni.fr, https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000226/entrevue-de-montoire-entre-petain-et-hitler.html.
- Larousse, Éditions. Message du maréchal Pétain, le 17 juin 1940 – Média LAROUSSE. https://www.larousse.fr/encyclopedie/sons/Message_du_mar%C3%A9chal_P%C3%A9tain_le_17_juin_1940/1102208.
- Langellier, Liliane. « 30 octobre 1940. Discours de Pétain appelant à la collaboration. » Chez Jeannette Fleurs, https://chez-jeannette-fleurs.over-blog.com/2020/10/30-octobre-1940.discours-de-petain-appelant-a-la-collaboration.html.
- « Philippe Pétain : Le lancement de la collaboration avec l’Allemagne | INA ». ina.fr, https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/audio/phd95079031/philippe-petain-le-lancement-de-la-collaboration-avec-l-allemagne.
- « Picardie – Les 21 et 22 juin 1940 signature de l’armistice franco-allemand à la clairière de Rethondes – Ina.fr ». Picardie, http://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00428/les-21-et-22-juin-1940-signature-de-l-armistice-franco-allemand-a-la-clairiere-de-rethondes.html.
- Armistice 1940, France Allemagne, MJP, université de Perpignan. https://mjp.univ-perp.fr/france/1940armistice.htm.
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