Aujourd’hui, je vous propose un extrait de mon futur documentaire que je suis entrain d’écrire de mon côté. Je vais aussi continuer à publier à nouveau des thématiques précises. On va voir ici la Remilitarisation de la Rhénanie.
Dans cet article, nous allons nous intéresser à ce qui aurait pu être la seule possibilité d’arrêter le chancelier allemand Adolf Hitler. En effet, cette possibilité s’inscrit dans une suite d’évènements qui a amené Hitler à prendre une décision prématurée d’après l’état-major allemand ; envahir la zone démilitarisée de la Rhénanie, cette zone allemande qui a été « injustement » forcée à n’avoir aucune activité militaire à cause du Traité de Versailles.
Nous sommes en 1936 à cette époque et la situation allemande est largement tournée vers la remilitarisation et la préparation floue mais bien en route d’une guerre potentielle pour créer le Lebensraum qu’Hitler a toujours voulu. Mais pour le moment ; un autre problème subsiste ; la situation de la Rhénanie.
1. LA RHENANIE, REGION STRATEGIQUE
La date du 7 mars 1936 n’est désormais plus un évènement de paroles et de promesses, mais d’actes pour le parti nazi. Il s’agit ici la première utilisation d’Hitler de l’armée depuis le Traité de Versailles. En effet, depuis l’accession au pouvoir d’Hitler, plusieurs lois sont passées pour orienter toute l’économique vers le réarmement et la mise en place de l’élimination des Juifs de la Société. Tout est fait pour développer le plus vite possible l’arsenal, pourtant interdit et clandestine, de l’Allemagne. Le service militaire est désormais obligatoire, l’armée de terre – Wehrmacht ne fait que grossir en effectif et la marine ne cesse de se développer continuellement ; le pays entier se prépare indéniablement à un conflit et non pas pour sa « protection personnelle »
Mais problème, le Traité de Versailles, dès 1919, fait payer le prix fort à l’Allemagne également pour son territoire. Ce dernier créait une zone tampon démilitarisée. Dans cette zone, le traité interdisait de stationner des forces armées en Rhénanie, une région à l’ouest de l’Allemagne bordant la France, la Belgique et les Pays-Bas. Il y était formellement interdit pour l’Allemagne uniquement. Il était aussi proscrit de conserver des places fortes, non seulement sur la rive gauche du Rhin, mais encore dans une zone de 50 kilomètres à l’est du fleuve.

Le traité stipulait que les forces alliées (Belges, français, britanniques), y compris les Américains, occuperaient cette zone si ces conditions n’étaient pas respectées et rétabliraient la situation. Si l’Allemagne enfreignait ces règles, cela serait perçu comme un acte hostile envers les puissances signataires et une menace pour la paix mondiale.
1.1 Traité de Locarno
De cette façon, l’Allemagne ne pouvait pas organiser un assaut ou préparer un regroupement armé en vue d’envahir les pays voisins. Elle garantissait la « sérénité » de la France, avec un côté la Ligne Maginot et la Rhénanie de l’autre. Le traité de Locarno plus tard, ne fit que renforcer ces points ; contraignant toujours plus l’Allemagne dans son activité économique et militaire.
La zone ampute l’Allemagne d’usines, de matériaux et d’éléments importants pour son réarmement, et Hitler l’a bien compris. Il évoque cette région comme d’une grande importance, à la fois pour des considérations économiques et pour garantir sa politique de réarmement en perpétuelle augmentation car c’était dans les parties démilitarisées de la Ruhr, importante zone industrielle allemande, que se trouvaient traditionnellement les usines qui fabriquaient le matériel de guerre de tout le Reich. Cette région est véritablement un point stratégique pour l’Allemagne dans sa reconstruction et dans son ascension pour devenir une grande puissance militaire.
1.2 Pacte d’assistance franco-soviétique
Mais plusieurs évènements ne font que faire donner de la confiance à Hitler, qui désormais ne se bat plus pour exister à l’intérieur de son pays, mais à l’extérieur, devant le monde qui ne cesse de se liguer contre lui. La montée fulgurante du nazisme et le réarmement n’a fait que resserrer les rangs des Alliés, qui se réarmement également à la vue de « l’ébullition » militaire allemande.
Hitler prévoyait de reprendre la région de la Rhénanie en 1937, mais les événements internationaux bouleversent ses plans et le contraint de les revoir. D’abord, la Seconde guerre italo-éthiopienne débute en 1935, avec l’Italie utilisant des gaz de combat, attirant ainsi l’attention du monde vers l’Italie et l’Afrique. Les difficultés des puissances occidentales à réagir efficacement et à imposer des sanctions rapprochent l’Allemagne d’Hitler de l’Italie de Mussolini, tandis que les relations entre la France et le Royaume-Uni se détériorent toujours plus. Ensuite, la signature le 2 mai 1935 d’un pacte d’assistance franco-soviétique contre l’Allemagne, suivi de sa ratification par le Parlement français le 27 février 1936, offre à l’Allemagne le prétexte parfait pour lancer son opération et tenter une intimidation inattendue.
2. REOCCUPATION & COUP DE BLUFF
Le 7 mars 1936 est d’une importance prioritaire pour tout autre opération militaire allemande. Hitler, abasourdi, s’élève contre la ratification par les députés français, le 27 février 1936, de l’accord franco-soviétique du 2 mai 1935 qui vient contre-carrer les plans de conquête. Il y voit une violation du pacte de Locarno d’octobre 1925 et en prend prétexte pour remilitariser la rive gauche du Rhin en violation du traité de Versailles de juin 1919, afin de répondre à cette violation. Les généraux du chancelier redoutent très fortement une intervention française, alors grande puissance militaire, qui pourrait mettre en péril dès le début l’armée allemande. Ils déconseillent également d’effectuer l’opération à plusieurs reprises.
2.1 Opération Winterübung
Mais c’est donc ce jour du 7 mars, qu’Hitler ordonne le lancement de l’opération « Winterübung » ou exercice d’Hiver. Il a à sa disposition 3 bataillons de l’armée, qu’il envoya réoccuper cette région, qui n’a pas vu de soldat allemand sur son sol depuis plus de 20 ans.
Plus de 30 000 soldats allemands traversent les ponts du Rhin et entrent dans la zone démilitarisée en défilant dans les principales villes (Cologne, Troyes…), sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré. Les garnisons de soldats restèrent stationnées dans les villes importantes pour éviter un soulèvement intérieur. La Rhénanie est alors de nouveau pleinement sous la juridiction allemande.
Pendant ce temps, à Berlin, Hitler tremble que les Français ne s’interposent et fassent barrage aux soldats, voir déclencher une guerre, qui pourrait le faire tomber. C’est à ce moment précis, si il y avait eu une réaction directe et imprévue de la France, aurait pu faire basculer le cours de l’opération et effrayer Hitler dans le lancement de futurs opérations en Europe voir être sanctionné plus durement par les pays vainqueurs de la Première Guerre Mondiale. Hitler n’était pas certain que son opération réussirait et s’il n’y allait pas y avoir de conséquences, il aurait pu être vu comme un incompétent en matière militaire et ne pas être écouté par son état major dans les futurs opérations, et discréditer son aura de « Führer » en Allemagne.
2.2 Réponse française
Mais rien n’a été fait pour l’en empêcher. Strasbourg est désormais sous le feu des canons allemands et plus rien ne subsiste des garanties militaires que la victoire de 1918 avait données à la France.
La réaction française fut tout de même rapide. Le jour même de l’opération, le chef du gouvernement français se déclara choqué par la manœuvre allemande et, le lendemain, ordonna une mobilisation partielle de l’armée, faisant planner à nouveau un possible conflit. Cependant, face à l’hésitation de l’armée à entrer en conflit avec l’Allemagne, à sa pleine puissance et à l’approche des élections législatives les semaines qui arrivent, cet ordre fut annulé et rien ne s’est produit pour arrêter cette réoccupation.
Les Britanniques, quant à eux, réagirent peu, estimant que l’Allemagne ne faisait que reprendre le contrôle de son propre territoire et ne voulant pas risquer leur sécurité pour cela. Les discussions à la Société des Nations n’aboutirent à aucune sanction économique ou militaire contre le Reich d’Hitler en raison des désaccords entre la France et le Royaume-Uni. Hitler a donc récupéré la pleine utilisation de son territoire, contre et envers toutes les interdictions mises en place. Le traité de Locarno et de Versailles ne fit pas respecté par l’Allemagne.
En Europe, la mémoire de la Première Guerre mondiale, avec ses destructions massives, freine toute volonté d’entrer à nouveau en guerre. Le bluff d’Adolf Hitler a parfaitement réussi ; démontrant la passivité des démocraties européennes à s’organiser et à décider, l’impuissance et l’incapacité de la France sans l’Angleterre de gérer une géopolitique militaire et politique ferme et dissuasive, tout en créant une confiance future de l’Etat-major allemand dans de potentielles prochaines opérations à venir pour l’Allemagne…
Sources
Occupation de la Rhénanie par Hitler. https://www.histoire-en-questions.fr/deuxieme-guerre-mondiale/montee-des-perils/montee-peril-bluf-rhenanie.html.
Le jour où Hitler pouvait être arrêté. https://www.lhistoire.fr/feuilleton-1936/le-jour-o%C3%B9-hitler-pouvait-%C3%AAtre-arr%C3%AAt%C3%A9.
Adrien MELNYK. La remilitarisation de la Rhénanie. https://www.culturalis.fr/blog/la-remilitarisation-de-la-rhenanie.html.
« Réarmement de l’Allemagne sous le Troisième Reich », Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=R%C3%A9armement_de_l%27Allemagne_sous_le_Troisi%C3%A8me_Reich&oldid=218095186.
Mars 1935 – Mars 1936 – L’année où le monde a basculé vers la guerre – Herodote.net. https://www.herodote.net/L_annee_ou_le_monde_a_bascule_vers_la_guerre-synthese-3329-203.php.
7 mars 1936 – Hitler réoccupe la Rhénanie – Herodote.net. https://www.herodote.net/almanach-ID-446.php.
Lemay, Benoît. « La remilitarisation de la Rhénanie en 1936 : une réévaluation du rôle des généraux Allemands (1933-1936) ». Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 224, no 4, 2006, p. 35‑46. shs.cairn.info, https://doi.org/10.3917/gmcc.224.0035.
Remilitarisation de la Rhénanie | Encyclopédie multimédia de la Shoah. https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/remilitarization-of-the-rhineland.
La Wehrmacht réoccupe la Rhénanie, en violation des traités internationaux – Lumni | Enseignement. enseignants.lumni.fr, https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000889/la-wehrmacht-reoccupe-la-rhenanie-en-violation-des-traites-internationaux.html.
« Remilitarisation de la Rhénanie », Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Remilitarisation_de_la_Rh%C3%A9nanie&oldid=218212403.