J’ai été fasciné par le fonctionnement d’un sous-marin… où chaque homme était un élément indispensable de l’ensemble. Chaque sous-marinier, j’en suis sûr, a ressenti dans son cœur [la joie de] la tâche qui lui était confiée [et] s’est senti aussi riche qu’un roi.
Großadmiral Karl Dönitz,
Commandant en chef de la Kriegsmarine du Reich
Dans la panoplie d’armes dont disposait l’Allemagne Nazie pour assurer sa domination sur le monde et son espoir de créer le Reich millénaire, il y a un type d’arme qui a marqué la guerre : les sous-marins, ou Unterseeboot / U-Boot. Durant plus de 10 ans, l’Allemagne a utilisé toutes ses forces dans la volonté de briser les lignes de ravitaillement, les débarquements, les déplacements et les bâtiments ennemis. Crucial pour le maintien des lignes de front terrestre et maritime, la marine et les U-boots de manière globale ont véritablement représenté l’Allemagne nazie dans la mer, leur idéologie basée sur la destruction et du quoi qu’il en coûte.
Dans cet article, nous allons explorer cette partie de la Kriegsmarine et de la Reichsmarine qui a su se créer une place parmi les bâtiments et engins les plus redoutés par les navires marchands mondiaux et Alliés. Nous allons voir aussi en quoi les sous-marins U-Boot allemands, comme les S-Boot, ont marqué l’histoire et auraient pu faire basculer le cours de la guerre dès le début de la Seconde Guerre Mondiale ou plus tard, avec des inventions toujours plus perfectionnées qui ont véritablement marqué les futurs générations de sous-marins.
Les sous-marins dans les lignes du Traité de Versailles
Dû à la fin de la Première Guerre Mondiale qui a vu imposer de fortes restrictions militaires, économiques, sociales et territoriales à l’Allemagne, cette dernière se voit supprimée son armée et des territoires comme la Sarre qui se fait démilitariser. De fait, elle ne peut plus disposer d’armée puissante, uniquement réduire pour sa propre sécurité afin d’assurer qu’elle ne souhaite pas se venger. Le traité de Versailles parle aussi de sa marine et prévoit que l’Allemagne n’a pas le droit d’acquérir ou d’entretenir une flotte sous-marine offensive. Malgré le fait qu’elle peut posséder la technologie, elle ne peut pas développer et utiliser d’armement puissant ou suffisamment fort par rapport aux pays vainqueurs (France, Grande-Bretagne..). Elle ne peut pas non plus constituer une armée de plus de 100 000 hommes sur la terre, la mer et les airs.
Avant la guerre, l’Allemagne disposait de 375 sous-marins et avaient obtenus de très bons résultats, infligeant de terribles pertes en matériels ou en bâtiment et de très belles victoires. La technologie des sous-marins étant déjà bien utilisée par la Reichsmarine se voit aussi restreinte, les empêchant toute utilisation au delà des limites fixés. Elle perd donc son prestige et cette formidable arme n’est désormais plus offensive et se voit réduite de part la taille des effectifs maximum, l’inutilisation de l’armement accélérant le risque de dysfonctionnements mais aussi par les restrictions économiques qui empêchent la recherche et le développement. Cette restriction n’est pas la seule, mais elle touche tous les aspects de l’armée allemande, alors que les Alliés continuent à améliorer et perfectionner leurs sous-marins aux environs des années 1930. La marine allemande n’a pas d’autre choix que de se cantonner à ses effectifs mineurs et son utilisation très localisée.
Hitler au pouvoir en 1933
Le constat est donc clair lorsqu’Hitler accède au pouvoir en janvier 1933 puis obtient un peu plus tard en mars 1933 les pleins pouvoirs : il veut reconstituer son armée et bafouer le Traité de Versailles qu’il juge profondément injuste et contraire à sa volonté de grandeur. Il veut également constituer une Grande Allemagne, un grand Reich avec tous les territoires germanophones autour de l’Allemagne pour réaliser son « Lebensraum » ou son « l’espace vital ». Et pour se faire, il ne veut certainement pas réaliser des armes uniquement défensives et va même aller jusqu’à outrepasser les restrictions imposées dans le plus grand secret et au nez des Alliés.
Le Plan Z
Car si on regarde distinctement, l’Allemagne se prépare très sérieusement à l’éventualité de la guerre. Pour cette préparation du côté de la Kriegsmarine, le Plan Z intervient en 1935 structurant le tout pour lancer la machinerie nazie et reconstituer sa flotte confisquée et interdite. Le plan vise à assurer le rééquipement et l’expansion de la flotte allemande et d’affronter les grandes puissances d’Europe. L’objectif est d’expandre la capacité offensive des bâtiments que possède l’Allemagne pour la guerre. Le plan était principalement orienté pour augmenter les effectifs purement sur la mer (destroyers, croiseurs, porte-avions..) mais les sous-marins sont également concernés.
Dès lors, les U-Boots font partis de ce rééquipement, aux côtés de nouveaux croiseurs de bataille, des cuirassés, des porte-avions et des destroyers, devant être produits en quantité importante.
Pour l’Allemagne, il faut tout reconstruire et se reconstituer une puissance navale. Donitz, le commandant en chef de la Kriegsmarine, estime qu’il faudrait 300 sous-marins pour atteindre les objectifs militaires fixés. Mais en 1939, il n’en dispose que de 57… Les U-Boots font officiellement partie intégrante de la flotte allemande et ils doivent faire leurs preuves à nouveau dans une guerre qui s’annonce déjà différente de toutes les autres.
La grande diversité des types de U-Boots
Par la suite, de nouvelles catégories de sous-marins allemands ont été créées, répartis dans 26 types distincts, chacun ayant des caractéristiques précises et des habilités spécifiques à son utilisation. Depuis cette fameuse année de 1935 et le lancement du plan Z, l’Allemagne n’a pas cessé augmenter continuellement sa capacité offensive et défensive pour assurer une suprématie sans égale à son armée. Ils ont gardé tout le long de la guerre leur dénomination de « loups gris », par leur couleur grise et leur capacité à se déplacer en meute dans la mer, à la recherche de leur proie ou de leur victime.
Comme vous pouvez le voir dans cette arborescence, 15 types de U-Boots n’ont pas été aboutis soit par manque de temps, par manque de matières premières, par manque de besoin ou par manque de développement. A vrai dire, la guerre n’a pas permis une pleine exploration de toute les possibilités, Hitler et l’état-major se basant sur ce qui marche et ce qui peut s’apparenter être une « wunderwaffen1 » une « arme miracle ». C’est donc principalement l’armement d’avant guerre ainsi que lors de la drôle de guerre de 1940 que l’Allemagne a pu mettre au point le meilleur armement de sa flotte jusqu’à l’arrivée du U-Boot de Type XXI, qui marquera les futures générations de sous-marins dans le monde entier.
Je vous propose de voir les 3 types de sous-marins qui ont marqué la Kriegsmarine et ont fait des U-Boots des navires redoutés.
Le cheval de bataille de la Kriegsmarine : le U-Boot de type VIIC
Développé en 1938, le type VII classe C est l’un des modèles de sous-marins allemands les plus avancés de la Kriegsmarine. 3ème version du type 7 des sous-marins, il a été conçu comme un sous-marin océanique d’attaque pouvant accueillir une cinquantaine de marins et 14 torpilles. Il est utilisé pour des missions de patrouille, de combat et d’attaque pour la guerre commerciale et navale, car l’Allemagne voulait se doter de bâtiments capable d’opérer pleinement dans l’Atlantique Nord et Central, en Méditerranée et en Arctique et suffisamment robuste pour résister aux attaques ennemies.
Ce U-Boot a été conçu pour éviter la détection sous-marine et attaquer les convois ennemis avec une redoutable efficacité. Il restait néanmoins un sous-marin de surface, avec sa coque de bateau qui lui était propre. Il ne pouvait pas plonger très longtemps, plus apte à torpiller à la surface.
En plus d’être très facile à assembler et à construire, il s’avérera être le type de U-Boot le plus important en service tout au long de la guerre et la classe de sous-marins la plus produite de l’Histoire avec 577 bâtiments !

Théâtres d’opérations du Type VIIC
Il en résulte que son utilisation est globale car il répond aux besoins d’agressivité. Le type VII-C est présent presque partout où la Kriegsmarine opérait et combattait de 1940 à 1943, ce qui fait de lui un sous-marin de d’une excellente qualité et est équipé des derniers systèmes à la pointe de la technologie. Ce sous-marin disposait d’un confort optimal et de commodités à bord, rare pour l’époque. Il est un des joyaux de l’armée allemande, un « loup gris » redoutable dans les combats contre les Alliés qui a su faire ses preuves et qui a vu naître des commandants de légende comme Otto KRETSCHMER et ses 46 navires coulés. On notera aussi sa technologie de toilettes modernes, qui fut un évènement marquant du U-1206.
Ces sous-marins représentaient un danger pour l’époque de la guerre marine et les convois Alliés, avec un rayon d’action de 15 170 km en surface et plus de 150 km en plongée. Il pouvait avoir en sa possession plus de 14 torpilles qui pouvaient être tirés à l’avant ou l’arrière par environ 50 marins à bord.
Grâce à son efficacité prouvé, il sera décliné par la suite en différentes utilisations selon les besoins, comme en sous-marin antiaérien U-Flak, en transporteur de torpilles, en poseur de mines et comme base du Type XXI « Elektroboot« . On notera aussi qu’il n’en reste aujourd’hui qu’un seul, le U-995, en Allemagne.

Image 183-2004-0504-500, Entretien avec Otto Kretschmer et un journaliste radio
Mais il n’a pas forcément eux que des qualités, avec des défauts comme la signature du sonar élevée, sa capacité de plongée faible ou encore la technologie de détection alliée, les convois plus résistants équipés de croiseurs et les progrès dans la guerre aérienne (avions de reconnaissance, radars, ondes, etc.), qui ont mené à la perte de nombreux sous-marins de Type VIIC. Daté de 1935, il ne sera pas remplacé ou trop tardivement par son évolution qu’incarne l’Elektroboot en globalité.
Le meilleur sous-marin du monde durant la Seconde Guerre Mondiale : le U-Boot de Type XXI
La fin de la guerre a vu apparaitre parmi toutes les « armes miracles » de l’Allemagne nazie une seule qui aurait pu vraiment changer le cours de l’Histoire : le U-Boot de Type XXI ou l’Elektroboot.
Ce U-Boot n’a rien d’anodin et représente plutôt une prouesse technologique majeure pour les sous-marins de l’époque. Développé en 1943 sur les meilleurs types de sous-marins existants de la Kriegsmarine, comme le Type VII, le Type IX et le Type XVIII, ce dernier a été pensé pour être des sous-marins diesel-électrique « Elektroboot » opérant principalement en immersion et en eaux profondes sur un très grand rayon d’action. Il a véritablement pour vocation d’effectuer principalement des opérations sous l’eau, répondant à la problématique des attaques et des détections aériennes qui rendaient la vie dure aux U-Boots jusque là, qui étaient majoritairement des sous-marins de surface.

La turbine Walter, prouesse technologique
Contrairement aux sous-marins « classiques », ces derniers disposaient de la technologie de la turbine Walter. Ce système novateur fut d’une grande aide pour l’amélioration des capacités de plongée des sous-marins qui était jusqu’avant ce type incroyablement faibles.
L’ingénieur Walter développe donc suite à des tests sur un prototype nommé V-80 un système de propulsion sous-marine dans lequel un moteur diesel est alimenté en oxygène obtenu à partir de la désintégration d’un supercarburant, le peroxyde d’hydrogène. Dilué à haute quantité, cela lui permet ainsi de fonctionner sous l’eau sans avoir besoin d’une alimentation en air et d’augmenter considérablement son temps de fonctionnement sous l’eau. Le système fut validé et fonctionnel et il fait gagner énormément de temps de plongée et de dissimulation pour le sous-marin en sa possession. Le V-80, le premier prototype, est une réussite, atteignant 28 nœuds (52 km/h) en immersion. Le Type XXI est doté d’une version amélioré quelques années plus tard et possède alors 6 moteurs, une première dans les sous-marins de sa génération : 4 moteurs électriques2 et 2 moteurs diesel3.
Il n’a pas que cet ajout qui a été marquant, mais aussi bon nombres d’autres éléments qui fait de ce sous-marin le plus performant du monde et le plus révolutionnaire pour l’époque 1943-1945.
Mieux armé, plus rapide, plus discret, plus robuste, plus grand, plus moderne
- Système de rétractation dans le sous-marin des systèmes de défense antiaériennes, bites d’amarrages rétractables
- Suppression de tous les éléments parasites sur la coque, coque profilée et conçue pour naviguer dans les profondeurs offrant une signature sonar beaucoup plus petite (la coque du Type VIIC faisait des vagues, causant du bruit et augmenter la signature sonore du U-Boot pouvait être détecté par un navire Allié)
- Vitesse immersion / plongée accrue grâce à la turbine Walter
- Matériel moderne (congélateur, lavabo, douche, climatisation…) pour l’équipage
- Rechargement plus rapide des torpilles par un système de rechargement hydraulique (20min pour les 6 tubes contre 1 seulement pour les Types VIIC)
- Puissance électrique et capacité de batterie 3 fois supérieure à celle d’un Type VIIC, le Type XXI était capable de recharger totalement ses batteries en 5 heures seulement
- Profondeur d’écrasement maximale de 280 mètres (919 pieds) dans les profondeurs, discrétion maximale
- Autonomie sous-marine énorme de 28 700 km en surface et 630 km en plongée (comparable à des Type IX / X conçu uniquement pour cette particularité)
- Rechargement du Schnorchel4 plus court
- Immersion prolongée et plus longue que les sous-marins précédents (11 jours en immersion totale)
- Configuration en organe de Schnee
- Puissance de feu considérablement augmentée avec 6 tubes lance-torpilles

L’Elektroboot est bien plus qu’une innovation allemande classique dans l’immensité des types de sous-marin. C’est le meilleur sous-marin de l’époque et le meilleur qui ait existé durant la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La mise au point complexe d’un sous-marin aussi innovant que le Type XXI fut trop lente pour modifier l’histoire de la guerre navale de manière décisive. et l’issu de la guerre. Un programme de construction prévoyait la construction prioritaire de 1 500 bâtiments de Type XXI à la cadence de trois par semaine tellement ce dernier était au dessus de n’importe quel sous-marin.
Le U-Boot de Type XXI sera la pierre angulaire et inspirera la conception et les capacités offensives et défensives d’un bon nombre de sous-marins modernes de beaucoup de pays dans le monde jusqu’à l’arrivée de la propulsion nucléaire.
Le sous-marin à très long rayon d’action : le U-Boot de Type IX
Enfin, un type de sous-marin qui n’a pas l’air d’avoir réel intérêt et pourtant s’avérera avec le U-Boot de Type VIIC le plus important de la Seconde Guerre Mondiale. A l’instar des autres sous-marins des autres types, ce U-Boot là est un type de sous-marin spécialement conçu pour des missions à très grand rayon d’action et disposaient donc d’équipements adapté à ce besoin. Il mesurait de 76 à 87 mètres selon les variantes et pouvait accueillir plus de 50 à 60 marin à son bord. Son autonomie et son rayon d’action en surface pouvait osciller du Type IXA avec 19 400 km jusqu’au Type IXD42 avec pas moins de 58 300 km possible (représentant 441 tonnes de carburant à son bord) !
Appelés « grands sous-marins océaniques », ils ont opéré sur tout le globe principalement pour permettre à l’Allemagne d’attaquer n’importe où, d’aider et d’échanger du matériel avec son allié japonais qui se bat dans le Pacifique, poursuivre la guerre ainsi que d’assurer la présence de l’Allemagne dans la Seconde Guerre Mondiale. C’est un but stratégique majeur car leur rayon d’action leur permet d’effectuer des opérations sur tous types de navires ou de besoins.
Il a été décliné en plusieurs versions mais le plus connu reste le Type IXB produit en seulement 14 bâtiments. A la fin de la guerre, on retrouve 7 fois ce type de sous-marin dans le top 10 des U-Boots les plus victorieux de toute la guerre. 5 C’est une véritable réussite à l’image du Type VIIC.

Théâtres d’opérations et une présence mondialisée
Ils n’étaient pas forcément plus armés, privilégiant l’espace pour le carburant ou du stockage, mais ils n’en étaient pas moins aussi des sous-marins d’attaque. Ils conservent la possibilité de neutraliser des infrastructures ou des bâtiments adverses grâce aux 24 torpilles à son bord pour 6 tubes d’envoi, 4 à la proue, 2 à la poupe. Le U-Boot reste un navire de guerre pouvant effectuer des opérations de minage, de sabotage ou d’espionnage.
Généralement, ils perturbent à la fois les convois proches (Atlantique) et les convois et bateaux lointains, se pensant à l’abri de tout danger contre les attaques allemandes. Grâce à cette négligence, bon nombre de bateaux Alliés ou neutres ont été coulés partout sur le globe par les sous-marins allemands. Le U-Boot de Type IXB est d’ailleurs l’un des des meilleurs types de sous-marin de toute la Kriegsmarine en terme de destruction avec plus de 100 000 tonnes de marchandises coulées par bateau environ, ce qui reste exceptionnel.

On retiendra parmi les sous-marins de Type IX des grands noms comme l’U-37 et ses 55 navires coulés et plus de 200 000 GRT6 (tonnes de marchandises), le U-864 de l’opération Caesar qui transportait une cargaison ultra-secrète à destination du Japon ou encore des légendes comme Heinrich LIEBE (187 267 GRT au compteur). Il servira par ailleurs également de base aussi à la conception de l’Elektroboot.
Détruire, déstabiliser et protéger
Car oui, dans l’effervescence du début de la guerre, l’objectif était de détruire autant que possible l’aide Américaine et Britannique vers l’Europe en la supprimant directement dans la mer. C’est une « guerre de tonnage » destinée à couler plus de navires que les Alliés ne pouvaient en remplacer. Détruire le plus possible et ne rien laisser passer sont les facteurs déterminants pour le succès car pendant que les convois font passer du matériel, la Heer doit encaisser cet afflux massif de matériel sur le front ou s’assurant d’aucune préparation d’opération de débarquement.
Hitler l’a bien compris et permet à Donitz d’améliorer tout au long de la guerre sa flotte qui comptera pas moins de 1 154 bâtiments dans ses rangs en globalité.7
La destruction des navires alliés coulés atteignit 2,5 millions de tonnes dont 800 000 tonnes pour le seul mois de mars 1942 et atteindra le nombre vertigineux de 14 232 747 tonnes de marchandises coulés par la Kriegsmarine dans l’ensemble de la guerre, avec 2 919 navires coulés et 401 endommagés. On notera que les descriptions ont causés la mort de Millions de civils et de militaires, la perte de matières premières considérables dans le seul but d’endiguer l’avancée Alliée sur tous les fronts. Le cours de la guerre a eu raison du courage des Alliés, qui ont su innover, contrecarrer les plans nazis et réaliser l’ambition des « hommes épris de liberté », comme le soulignait Eisenhower avant le débarquement, jusqu’à la victoire finale.
Fin de guerre et démantèlement des U-Boots de la Kriegsmarine
Acculés de toutes parts et avec aucun endroit ou accoster, les U-Boots périrent un par un dû à des pannes, des mauvais entretiens ou simplement avec plus de carburant. Mais la cause est bien plus ferme et directe. Beaucoup de marins sabordent leur navire suite à l’ordre donné par l’Amiral Dönitz le 30 avril 1945 et dissout le 4 mai durant l’Opération Regenbogen, qui était un ordre général visant à ordonner le sabordage et la destruction de tous les bâtiments et navires de la Kriegsmarine, hormis ceux destinés au déminage et à la pêche avant la capitulation imminente de l’Allemagne et sa traduction en justice.
Cela étant fait, début mai, 222 sous-marins allemands sont sabordés par leurs équipages. En tout, 743 U-Boote furent perdus sur les 1 154 mis en service et 30 000 des 40 000 sous-mariniers qui servirent durant le conflit périrent en mer. L’Allemagne a capitulé et la flotte allemande est à l’arrêt, contrainte de se rendre en sortant le drapeau blanc.
Après la capitulation de l’Allemagne, une autre opération fut lancée, l’Opération Deadlight. Il s’agissait de l’opération visant à démanteler de manière systématique, obligatoire et massive de tous les U-Boots allemands qui se sont rendus aux Alliés. 154 U-Boots se sont rendus et 116 sont coulés ou sabordés en eau profonde au large de l’Irlande et de l’Ecosse entre fin 1945 et 1946, venant clore le chapitre sombre des U-Boots et de leur rôle de destruction et de terreur durant la Seconde Guerre Mondiale.
Sources
- Les « armes miracles » sont des armes du Troisième Reich qui devaient changer le cours de la guerre par leur puissance, leur innovation et leur capacité de destruction qui dépasserait tout ce qui existait. ↩︎
- Les moteurs électriques servent à faire fonctionner le sous-marin quand il était en immersion. Plus les batteries électriques sont puissantes, plus il peut rester en immersion longtemps. ↩︎
- Les moteurs Diesel sont utilisés pour faire fonctionner le U-boot lorsqu’il est en surface. L’importance du Schnorchel est crucial pour améliorer son autonomie en immersion. ↩︎
- Le Schnorchel est un tube hissable aspirant l’air à l’immersion périscopique (niveau d’eau), permet à un sous-marin de faire fonctionner ses moteurs Diesel, alimentant ces derniers en air sans avoir à faire surface. ↩︎
- https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_most_successful_German_U-boats ↩︎
- Également appelé jauge brute, le GRT est la capacité intérieure totale d’un navire. Pour un navire de charge, il va donner une idée de sa capacité en transport de marchandises ↩︎
- https://uboat.net/boats/ ↩︎
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